Analyse de cycle de vie des biocarburants selon EMPA 2007

 

Cette page présente les résultats de l'étude EMPA 2007. Le texte est directement issu de l'étude elle-même et il ne s'agit pas d'une analyse de la Plateforme Biocarburants.

Cette étude est consacrée à l’évaluation des effets sur l’environnement de l’ensemble de filières de production de carburants issus de la biomasse (ou biocarburants) et utilisés en Suisse. Elle fournit d’une part une analyse orientée vers les effets possibles des biocarburants sur l’environnement et établit d’autre part un écobilan global des différents biocarburants qui peut être utilisé comme base pour la détermination de leur exemption de l’impôt sur les huiles minérales. Elle compare enfin l’utilisation des carburants avec d'autres usages des bioénergies tels que l’électricité et la chaleur. Cette étude repose sur la banque de donnée ecoinvent et permet une comparaison globale des effets des biocarburants sur l’environnement. Les aspects économiques des biocarburants ou leurs éventuelles conséquences sociales n’ont toutefois pas été évalués. Les résultats se rapportent aux conditions moyennes de l’année 2004 dans les pays de production concernés et s’appliquent à la Suisse dans son ensemble pour ce qui est de leur utilisation. Cette étude ne peut ainsi pas fournir de réponse sur les conséquences futures telles que par exemple sur les effets sur le prix des denrées alimentaires.

Par principe, chacun des carburants étudié (bioéthanol, biométhanol, biodiesel et biogaz) peut être produit de manière écologique. De ce point de vue, les matières premières et les technologies utilisées pour leur production figurent parmi les éléments décisifs. La majeure partie des pressions exercées sur l’environnement provient de la culture des matières premières. La pollution provoquée par la production des carburant eux-mêmes est en règle générale nettement plus faible et celle découlant des transports du site de production aux stations service, encore plus faible, cela même si le biocarburant est produit outremer.

La figure ci-dessous présente le bilan des émissions de gaz à effet de serre des différentes filières de production de biocarburants selon les résultats de l'étude EMPA. Les résultats sont exprimés en kg CO2 par pers.km.


Figure : Bilan des gaz à effet de serre des biocarburants (IPCC 2001)




Cette étude montre que pour la majorité des biocarburants, il existe un conflit d’objectifs entre la minimisation des émissions de gaz à effet de serre et un bilan écologique global positif (voir figures ci-dessous). Certes de nombreux biocarburants permettent de réduire de plus de 30% les émissions de gaz à effet de serre, mais la majorité de leurs filières de production présentent pour plusieurs autres indicateurs environnementaux une pollution plus élevée que pour les carburants fossiles.

Le bilan global (voir figure ci-dessous) a été déterminé à l’aide de la méthode suisse de la saturation écologique (ou UBP) qui évalue la différence entre les impacts sur l’environnement et les valeurs limites légales. Les résultats de l'évaluation selon la méthode UBP aboutit à une image relativement négative des biocarburants. Dans le cas de l’agriculture tropicale, c’est tout d'abord le défrichage par brûlage des forêts qui libère de grandes quantités de CO2, provoque une augmentation de la pollution atmosphérique et exerce des effets néfastes sur la biodiversité. Sous nos latitudes, ce sont plutôt les faibles rendements surfaciques, la fertilisation intensive et la mécanisation qui sont la cause d'un bilan écologique défavorable.


Figure : Bilan écologique global des biocarburants (Ecopoints, UBP 2006)




Contrairement aux carburants fossiles, il est toutefois possible de réduire de manière sensible les effets sur l’environnement des biocarburants au moyen de mesures ciblées. Par le biais d'analyses de sensitivité, cette étude montre par exemple comment une réduction des pertes de méthane (CH4) permet d’améliorer l’écobilan de la production de biogaz ou l'influence que peut exercer le renoncement au défrichage par brûlage dans la production de biodiesel à partir d’huile de palme.

Au final, les résultats de cette étude montrent que la promotion des biocarburants, par exemple par le biais de mesures fiscales, doit s’effectuer de façon différenciée. Les biocarburants ne conduisent pas tous à une réduction des impacts sur l’environnement par comparaison avec les carburants fossiles. Parmi les filières de production, ce sont actuellement les filières issues de déchets et/ou résidus et des matières lignocellulosiques (herbe, bois) qui présentent les meilleures performances environnementales par rapport aux carburants conventionnels.

Le potentiel des bioénergies indigènes est aujourd'hui assez limité et devrait le rester à l’avenir. Les bioénergies ne permettront donc probablement pas à elles seules de résoudre les problèmes d’énergie. En revanche, si l’on transforme de manière efficace et écologique la biomasse disponible en énergie et que l’on réduit simultanément la consommation tout en augmentant l’efficacité énergétique, ces agents énergétiques de substitution peuvent, en association avec d’autres formes d’énergie renouvelables, jouer un rôle non négligeable dans l'approvisionnement futur de la Suisse en énergie.



Durabilité des biocarburants

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